Par Steve Malerich, FSA, vice-président adjoint et actuaire auprès d’AEGON USA à Cedar Rapids, en Iowa. On peut le joindre à smalerich@aegonusa.com. © SOA, CAS, ICA : La crise financière actuelle
La plupart des gens devraient pouvoir compléter cet énoncé. Avant l’éclatement de la crise financière, nombreux sont ceux qui, en regardant les prix de l’immobilier dans certains secteurs névralgiques des États-Unis, sont arrivés à la conclusion que nous nous trouvions dans une bulle d’actifs. Et pourtant, malgré les apparences, nous avons continué à consentir des prêts en fonction de ces prix. Maintenant, l’éclatement de cette bulle a engendré des ondes de choc partout dans le monde.
Bien qu’on puisse attribuer à l’immobilier un rôle de déclencheur de la crise actuelle, celui-ci ne constitue qu’une partie du problème. Depuis des années, nous déplorions la faible part des revenus consacrée à l’épargne par la population. Malgré tout, lorsque la consommation ralentit, nous oublions la nécessité d’accroître l’épargne et les investissements. Notre attention se porte sur le ralentissement économique et nous réclamons des mesures pour redresser la situation. Cette attitude a assurément engendré une quelconque forme de stimulus à encourager la consommation (et à décourager l’épargne).
La profondeur de la crise actuelle pourrait-elle être liée à notre échec à trouver un objectif économique autre que la « croissance » soutenue, telle qu’on la mesure depuis plusieurs décennies?
Même si cela fait mal, nous pouvons interpréter la crise actuelle comme une piqûre de rappel. Plutôt que de tenter désespérément de rétablir la « santé » de l’économie, le moment est peut-être venu pour nous de tenter de bâtir une économie véritablement saine, c’est-à-dire une économie qui ne fasse pas une promotion continuelle de la consommation de toutes sortes au détriment de l’épargne et des placements pour l’avenir.
Les États-Unis ont franchi un pas vers la responsabilité financière à long terme. Nous avons sabré dans les dépenses. La prochaine étape ne consiste pas à renverser complètement ce mouvement, quoiqu’un certain revirement puisse être bénéfique. Il nous faut plutôt entreprendre le transfert de ces épargnes plus substantielles vers des véhicules qui favoriseront les besoins à long terme.
La croissance économique peut être assurée par des investissements visant le bénéfice à long terme. Les investissements qui contribueront à satisfaire les besoins d’un nombre croissant et important de retraités constituent un choix évident. Il y a de nombreux autres candidats pour de tels investissements. Les sciences physiques nous mettent en garde de plusieurs façons contre les choses qui pourraient être trop belles pour être vraies.
Certains de ces investissements échoueront sans aucun doute. Certains autres pourraient s’avérer inutiles. Mais à vrai dire, des investissements de toutes sortes échouent et les solutions abondent pour résoudre des problèmes qui ne se concrétisent jamais. Imaginez, en revanche, les pertes associées aux investissements traditionnels si quelque portion que ce soit des mises en garde d’aujourd’hui s’avérait juste?
Nous ne devrions pas continuer de promouvoir des choses qui ont bien fonctionné dans le passé simplement parce qu’elles ont bien fonctionné dans le passé. Nous disposons de trop d’information probante qui porte à croire que certaines de ces choses sont trop belles pour être vraies.
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